N'importe quoi...
Hier je passais près d'un petit théâtre que mon régisseur en chef déteste, mais qui m'a à moi permis de faire deux petits spectacles (certainement les plus réussis, car les plus courts et les moins chers, et parce que je jouais dedans (attention à la morgue qui coule de mon nez...).
Bref quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'une compagnie va y être en résidence pour deux mois... Une Résidence...
C'est vrai que l'entretien des toilettes peut s'apparenter à une résidence, puisque ce lieu appelle ce genre de tâches... Mais il se dégage de cette compagnie un manque de simplicité (dû à certains membres franchement imbuvables et je dirais même un membre : le rital...).
Certainement voulant imiter le succès d'une autre compagnie qu'ils cotoient mené par un certain Martial di F. B., ils se lancent dans une série de spectacles, concerts, expositions photo dont le sujet n'est autre qu'eux-mêmes et un style bien reconnaissable et que je n'aime pas trop (quel bel euphémisme) à base de vidéo et rapport intime au spectateur (quelques places seulement... en même temps dans ce lieu ils n'ont pas trop le choix).
Le plus scandaleux étant le prix des places : 12 Euros. J'avais milité pour la gratuité de Petit camp, je n'avais obtenu que moitié prix... Et je trouve que cette démarche de résidence fausse l'esprit de ce lieu qui doit rester un lieu de transit artistique à un prix défiant toute concurrence et sans prétention.
Cette compagnie a l'impression d'être à la Croix rousse... Patience ce sera pour l'année prochaine, car le réseau a l'air de bien marcher dans ce sens...
Mais là, et je rejoins mes lecteurs... Je me suis promis de ne jamais solliciter ce théâtre tant que j'aurais encore de l'espoir dans ce métier, donc le jour où vous verrez un spectacle de Maître là-bas, oui, vous pourrez dire que je suis aigri, perdu... Même si après tout ce qui compte c'est de jouer et d'être vu non ?

2 Gerçures
Je ne suis pas très vieux et la vie m'a cependant appris, entre autres banalités malheureusement vraies, qu'il ne faut jamais dire jamais. J'en sais quelques chose notement par le fait que tu évoques en début de paragraphe : j'ai du, à plusieurs reprises mais toujours par fidélité-amitié, me retrouver à bosser dans cet ancien cinéma porno (qui serait peut être plus utile si il en redevenait un). A chaque fois, je me suis juré de ne plus foutre les pieds et donc de ne plus cautionner l'existance et le fonctionnement abérant de ce lieu, ainsi que la médiocrité d'esprit de son équipe. Mais je sais bien que je risque de m'y retrouver peut être encore un jour. Et il en va de même pour la croix rousse qui, bien qu'on puisse en dire et en penser tout ce qu'on veut, reste un théâtre, et pas quatre murs dont 3 pourris pas entretenus et des chiottes à laver.
Ah, je vois qu'il est des blessures qui resteront ouvertes et longtemps...
Tu as raison, tant qu'il y a une scène et un public on peut faire notre métier...
Et tant qu'il y aura des toilettes à laver on n'aura pas forcément envie de retourner dans ce lieu.
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