04 octobre 2006

Valence, 1/10 pensa Bleu...

Hier soir, j'ai donc assisté à Quelque chose dans l'air de Richard Dresser mis en scène par Vincent G. de manière très intelligente et exigente.
Voilà typiquement le genre de pièce qui ne change pas la face du monde (mais en existe-t-il?) mais qui lui permet de continuer à tourner...
Un dispositif scénique très épuré qui permettait de fuir la dimension réaliste du texte en privilégiant la mise en situation par la parole (les acteurs jouaient face public sans que cela soit formel ni lassant).
Je retiendrais évidemment de cette soirée le parcours de Rock' n' roll santiag qui porte le premier rôle avec toute sa fougue et qui ne quitte jamais le plateau, véritable fil conducteur incontournable dans la peau d'un happy looser aux allures de Woody Allen... Il croise Juliette D. en nurse couperosée et pleine d'abnégation avant qu'on lui révèle qu'elle est une pure et méchante égoïste... On aime beaucoup ses lunettes... Cédric M. en malade en phase terminale qui se fait racheter son assurance vie par Rock' n' roll Santiag mais qui n'a pas oublié ses cours d'acrobatie... On aime beaucoup son crâne poli...
Une scène retiendra toutefois mon attention, celle où Rn'R S entre en tenant une énorme dinde déplumée qu'il asseoit à côté de lui après s'en être servi pour vérifier que Cédric M. est toujours vivant. On retrouve là tout le talent de marionnetiste de Rn'RS qui d'une dinde a fait une princesse...
Indispensable?
Pour voir Rn'RS dans un rôle à sa mesure ? Oui... Pour sa dimension incontournable et nécessaire? Non...
Valence terre de mystères insondables, sur laquelle l'ombre du Château de Crussol semble dessiner un catafalque doré protégeant l'élite des éclaboussures des sans-grades... Indispensable, oui, mais plus pour très longtemps...
Ma plume se noircit d'encre d'excréments canins, c'est juste pour maintenir l'illusion de ma morgue... Car ce type de soirées me réconcilie avec le théâtre, tout en générosité et amusement et n'est pas s'en me faire penser à une certaine pièce que je vais connaitre par coeur fin mars à force de la voir répéter, même si le propos y est plus dense et plus fort.